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29.11.2005
Séduction

J’ai rarement utilisé mes jambes, un décolleté plongeant, des petites chaussures à talon, de belles robes moulantes. Ni même de porte-jarretelles, maquillage ou autre épilation intégrale.
L’idée d’utiliser tout un artifice incroyable, de passer trois heures dans la salle de bain devant un miroir me gonflait. En fait ce qui me dérangeait le plus c’était de ne plus être moi. De ne plus me reconnaître.
La faute à ma marraine, qui avait crû bien faire en me maquillant un jour. J’avais 14 ou 15 ans. J’étais encore un bébé, je ne voulais pas grandir et jouer le jeu de cette séduction pour adulte. Je l’ai laissé faire. Quand je me suis regardé dans le miroir, j’ai eu un choc. Je ne sais pas ce qu’un psy en dirait, mais j’ai vu quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’était pas moi et j’ai trouvé cette sensation très désagréable. Je ne me suis pratiquement plus mis du rouge à lèvre par la suite. Exceptionnellement du gloss pour faire briller un peu mais en gardant la teinte de mes lèvres. Parfois du noir sur les paupières…
Avant la folie du grunge et de Nirvana, j’écoutais du hard rock à longueur de journée et je traînais avec des "hardeurs", comme on les appelait (rien à voir avec les acteurs de porno maintenant). Ce qui n’était pas très féminin. Mais pour draguer un "hardeur" il ne fallait pas porter de jupe, en revanche il fallait savoir jouer le "nothing else matter" parfaitement à la guitare… Et je m’en sortais mieux avec une guitare qu’avec du fond de teint …
Au début de mes études supérieures, nous n’étions qu’entre filles, toutes passionnées par le vintage. J’écoutais de l’acid-jazz et remettais les gazelles addidas avec des T-shirts taille enfant des années 70. Et draguais les mecs avec le cinéma expressionniste allemand, Tom Waits et Bob Wilson, Beck ou encore la théorie de la relativité avec Pollock et l’expressionnisme abstrait… Ça marchait du tonnerre. Et c’était plus subtil pour atteindre mon but. Et c’était aussi une manière de voir si le mec était intéressant ou non. Je ne couchais pas avec un type qui ne connaissait pas Tom Waits par exemple (désolé pour ceux qui ne le connaissent toujours pas). C’était ma sélection on va dire parce que physiquement, j’étais attirée par tout, maigre ou gros, petit ou grand du moment que l’alchimie se faisait entre lui et moi.
Dans l’intimité, j’aimais me déshabiller, exhiber ma culotte petit bateau (que tout le monde adorait à l’unanimité). Je n’ai d’ailleurs pratiquement jamais porté de string (je trouve ça trop kitsch). C’était mon côté femme-enfant. Maintenant je suis autant attirée par Calvin Klein ou Chantal Thomas mais je garde toujours avec nostalgie mes culottes en coton.
J’avais une autre sélection aussi pour les dessous masculins : jamais de slips. Trop moulant, trop gay, la petite tache significative trop visible du coup et un inceste paternel trop présent. Le slip était (et est encore) mon anti-sex. Les caleçons, en revanche, soulignent bien le corps masculin, on peut y glisser la main discrètement et la bête peut se dresser avec plus de finesse (et en plus on ne remarque plus la tache rebelle !). Mais ce n’est que mon avis…
Autre rituel de séduction que j’ai toujours détesté, mais qui ne pouvait malheureusement pas être évité, l’épilation… Ma hantise. Je ne me suis pratiquement jamais rasée. Je préférais aller chez l’esthéticienne et avoir mal pendant une heure mais être tranquille pendant un mois. Je me foutais un peu de voir de légers poils sur les jambes du moment qu’elles étaient douces. Avec le rasoir ce n’était pas le cas. Et puis j’ai remarqué très vite que les mecs, eux, s’en foutaient complètement. Que ce soit parfait ou non, ils me trouvaient toujours belle (aucun ne m’a jamais obligé à changer quoi que ce soit de toute façon).
Encore maintenant, mon amoureux n’y fait pas plus attention. Il y a deux ans, j’ai tenté l’intégrale (pour les mecs : c’est-à-dire plus de poils du tout à l’endroit stratégique) pour le surprendre (ben, de mon temps, peu de filles le faisaient…). On s’est bien amusé la première semaine, comme si on avait un nouveau jouet, et puis après… Ce qui est excitant en fait dans un couple, c’est le changement. Avoir toujours le sexe épilé c’est lassant… et vice-versa.
Bref.
Quand j’ai enfin compris que le plus grand outil de séduction, pour une femme, était sa confiance en elle…
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26.11.2005
Il neige!

12:05 Publié dans VIE PARISIENNE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
24.11.2005
Place vent d’homme…

7h45: Lever difficile (j’ai plus l’habitude, c’est trop tôt).
10h00: J’oublie que Colette n’ouvre qu’à 11 heures… Tant pis.
10h30: Café au Costes avec ma boss.
11h00: Première prise en face d’une boutique de montre de luxe sur la place Vendôme avec un marin qui a fait le tour du monde en voile (ou à la rame, je ne sais plus très bien), suivit d’un designer qui se love sur sa chaise longue en métal installée sur un tapis à poils blancs.
12h00: Rendez-vous avec une comédienne française au Ritz. Troisième prise sur la place Vendôme. Elle est merveilleuse.
13h00: Brunch rapide au Ritz.
13h30: Quatrième prise avec un designer italien dans une cour intérieure avec des sculptures blanches et des petits anges (super kitsch), toujours au Ritz.
Entre temps, je vais visiter les toilettes où une blonde se refait une beauté. Soudain, alors que je suis gentiment assise les fesses à l’air, elle tente d’ouvrir ma porte. Je me dis, peste et méchante, que ça ne m’étonne pas. Je sors et ne la vois plus (elle a dû trouver la sortie). Je me lave les mains et je me retourne pour quitter les lieux comme une princesse. Mais je reste plantée comme une truffe et fait un tour panoramique : toutes ses putains de portes sont identiques, en miroirs, et distribuées parfaitement en étoile. Je traite l’architecte de tous les noms et pousse une porte au hasard (bingo, j’ai une boussole dans la tête). Moralité: promis je ne me moquerai plus des blondes.
14h30: Antipasti et évian au Subito (rue Daniel Casanova).
15h30: Cinquième et dernière prise avec une moto flamboyante et son preu chevalier. Et on manque de se faire écraser par un 4x4.
16h15: Nous quittons enfin la place Vendôme…
17h00: Je passe voir mon amoureux dans le marais, à la galerie. Il ne peut toujours pas récupérer ses interminables heures sup, je repars seule sous la pluie.
18h30: Je prends le métro. Bien sûr, à cette heure il est blindé. Pendant la fermeture des portes une femme, une touriste, tente tout de même de s’incruster. Cette fois ci nous sommes officiellement des sardines. Personnellement, dans les transports en commun, je préfère être écrasée qu’être assise à côté de quelqu’un que pue la rage. Mais un jeune homme parisien de bonne famille juste derrière moi ne l’entend pas de la même façon. Il hurle agressif sur la femme (je profite de sa grossièreté en l’occurrence vu que je suis juste à côté) et prouve qu’il n’a de la bourgeoisie que l’allure. La femme deux fois plus âgée que lui ne se laisse pas faire du haut de sa voix fluette à l’accent anglais (?) en lui rétorquant qu’il n’est pas tout seul dans le métro. Il lui demande de se taire et fait le malin. Heureusement nous arrivons gare Saint-lazare, tout le monde descend toujours gare Saint-Lazare… La femme reste dans le wagon et le jeune qui est accompagné de son tuteur (oncle ou autre chose) aussi… Et merde. Presque tout le monde est assis maintenant et il continue à se donner en spectacle en parlant fort à son tuteur affirmant qu’il a bien fait de faire ses remarques à la dame. Vu qu’il en rajoute une couche la femme se retourne et se demande s’il n’a pas encore fini. Il continue. Excédée elle lui fait un signe de la main, le majeur bien droit. Il s’exclame et exulte pour prouver à son public la grossièreté de la dame. Je regarde le garçon, il est sapé Burberry, il a vingt ans à tout casser. Je voudrais bien avoir un aperçu de sa définition de la grossièreté, de la bien séance et de l’éducation. De mon côté, je crois avoir trouvé la définition du mot "racaille"…
19h30: Je rentre enfin chez moi, mon chat m’accueille en me léchant le front et en ronronnant (et non, c’est pas parce que je lui ai manqué mais parce qu’elle n’a plus de croquettes).
21h00: Mon amoureux rentre lui aussi, enfin…
21h15: …
21:55 Publié dans VIE PARISIENNE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.11.2005
"Respect!"

Hier matin je suis partie au boulo un large sourire dans le metro, la raison?
Ce film, In da house avec Ali G, un humour britanique lourd, irrévérencieux et pourtant tout aussi fin et subtil en même temps. Digne des monty python.
A regarder absolument pour décompresser!
http://www.cinecinema.fr/ftc/index_html?canal=3&id_prog=33200
11:15 Publié dans MA DERNIÈRE SÉANCE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18.11.2005
La soupe au chou

Le week-end dernier c’était la fête des châtaignes. Comme tous les ans, je rejoins ma tante au presbytère et toute la communauté qui attend impatiemment la souplette en or.
Cette année, je suis venue aider à éplucher les patates, les châtaignes et les choux…
5 mamas pour un seul papy qui a sûrement regretté de ne pas travailler ce jour-là.
Moyenne d’âge : 50 ans
Tout le monde était euphorique, ça a papoté sec (pas en français, bien entendu) et j’ai eu du mal à tout suivre, mais bon, pendant une après-midi, je suis retournée dans mon pays d’origine…
On parle des enfants, on se montre l’article paru dans une revue chrétienne sur la communauté, on dit des gros mots du pays en hurlant de rire, et on cherche après le curé… On me demande aussi de venir à l’église le lendemain matin, que ça va être super, et moi de répondre simplement en levant les sourcils et en roulant des yeux (style : non mais ça va pas ?)… Et, bingo, je fais rire toute l’assemblée…
J’ai revu également mon amie Babette, que je n’avais plus vu depuis plus d’un an, elle s’est mariée et est enceinte de 4 mois. Elle fait partie de ma famille maintenant.
Et la sempiternelle question : alors et vous ? Vous vous y mettez quand ?
Ma bouche répond: "On attend de voir si mon CDD est reconduit et on se lance… Ouai… Contente…", pendant que mon cerveau hurle : "Nan… Pas envie… Pas maintenant".
Bref, j’ai passé un très bon week-end en famille (Mais si je vous dis).
23:40 Publié dans VIE PARISIENNE | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15.11.2005
Nouveau musée à Vitry

France 3 est fière de montrer que dans le nouveau musée de Vitry on a embauché des jeunes des citées alentour qui n’avaient "jamais mis un pied dans un musée". Ben oui, en plus c’est d’actualité, alors le musée ne va pas cracher sur ce genre de pub.
Je ne vais pas faire ma rabat-joie, mais je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi on engage toujours des personnes qui ne correspondent pas vraiment au poste… En effet, les jeunes embauchés n’ont eu qu’à faire un stage de 6 mois.
Pas que ce soit un peu de jalousie qui parsème ma note, mais je viens de me rendre compte que j’ai perdu de l’énergie et de l’argent à faire 5 ans d’études pour étudier de l’art des hommes des cavernes, en passant par les primitifs chrétiens, un an complet sur le mouvement Dada pour terminer par Mathew Barney ou Fabrice Hybert… Excitée, en sortant de ma maîtrise, à l’idée de partager tout ce que j’avais compris et appris, tout ce que j’avais adoré… Pour me retrouver à galérer pour trouver un emploi stable (bien rémunérer je ne l’envisage même plus) quand on préfère engager des gens qui n’y connaissent pas grand-chose (ou qui commencent au bout de 6 mois à envisager l’art contemporain sous un nouvel angle).
Ce genre de truc me démoralise et ma passion de l’histoire de l’Art en prend un coup… Je crois que je vais m’engager dans le service civil moi…
http://www.macval.fr/
19:55 Publié dans PFFFFF… | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
12.11.2005
Lettre ouverte à Kate Moss

Chère Kate, je tenais à m’excuser de ne pas avoir boycotter H&M cette semaine. Et oui j’ai honteusement craqué sur ce pull de laine et de soie bleue de la collection Stella Mc Cartney pour H&M.
Mais tu comprends, je peux difficilement me payer de véritables Stella Mc Cartney ou autres robes Balenciaga. Même pendant les soldes…
La pseudo féministe, que je suis, trouve ça nulle de la part d’H&M et des autres marques d’avoir cassé tes contrats à cause d’une seule petite "faiblesse" de ta part. Comme le dit mon amie Alice, il aurait fallu que tu te tiennes comme une "dame du monde", que tu sois belle et que tu te taises, que tu ai un mari (si possible avocat ou médecin respectable et pas un rockeur sexy), que tu évites de te dandiner dans un clip des White Stripe comme une fille de mauvaise vie (alors que, je me permets de te le dire, tu es une vraie déesse dans ce clip).
Je suis triste pour toi que tu ai servi d’exemple pour les âmes pseudo bien-pensantes, comme si toutes les autres filles étaient des anges… et si, par hasard, des jaloux t’ont trouvé trop vieille et ont dégoté ce prétexte pour t’évincer, sache qu’ils ont eu sacrément tort parce que tu incarnes réellement la femme du 21ème siècle.
Et je suis loin d’être la seule à le penser…
21:35 Publié dans L'ART D'ÊTRE TOLÉRANT | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
11.11.2005
Fashion victim

13:14 Publié dans UN PEU DE LÉGÈRETÉ | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
07.11.2005
Paris danse, la banlieue brûle

J’ai rejoint mes anciennes collègues de la galerie pour le vernissage de la rue louise weiss samedi soir. J’étais un peu déçue, rien de transcendant. Sauf les designers de l’école Suisse chez Kréo. Mon amoureux a flashé sur les cerfs en bois sur le model de jeux de construction en bois. Le nichoir à oiseaux sur hache était pas mal non plus. Et les tapettes à mouches en forme du continent américain aussi.
J’ai apprécié le James Turrell. Et ces fantastiques caniches en mousses à raser (je ne sais plus quel artiste c’est…), et les squelettes en biscuits pour chien…
Après avoir fait un coucou rapide aux kolkoz chez Images modernes, nous sommes partis boire un verre à l’Audiernes, qui était comme d’habitude plein à craquer. Sylviane est venue nous voir à table est nous a enguirlandé parce qu’on ne venait plus la voir. C’est ça Paris, quand on quitte un arrondissement, c’est comme si on était parti vivre à Marseille…
On a mangé des pâtes au Nieli avant de se décider à aller danser au Baron. Le temps de prendre un verre au bar, on s’est dirigé directement sur la piste qu’on n’a pas quitté avant 6 heures du matin. Le premier DJ avait une coupe moitié armée moitié punk et passait de la musique des années 50 ou 60, et disco (il a passé les Smith aussi il me semble… ah l’alcool…). La musique au Baron est toujours assez éclectique, comme les anciens bals de nos parents qui passaient plusieurs styles de musique pour contenter tout le monde. Les vieux Nirvana (avec des gamins de 19 ans qui s’éclatent dessus et qui nous font prendre un sacré coup de vieux), les U2 des années 80 (que j’écoutais aussi pendant les boums quand on était au collège… sauf que c’était nouveau à l’époque), Gloria Genor, Les anciens Michael Jackson (Le font exprès je crois au Baron), Blondie, Snoop Dog et Dr Dre (Yo ! motherfucker… la la la la la), The NERD ou Bloc party…
On a pris le metro pour rentrer, des gens allaient bosser. Tout était calme, normal. On s’est réveillé le lendemain vers 15h et on a ouvert la télé…
22:20 Publié dans VIE PARISIENNE | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
04.11.2005
Pathétique (oui un peu)

La dernière pub (acceptée par metrobus celle-là) d’Afflelou montrant un benêt marié à deux poupées.
À la télé, c’est la femme qui attend ces trois bagues de fiançailles, qui soit dit en passant, n’en voit pas la couleur. Trois pour le prix d’une (bague).
Et deux femmes pour le prix d’une dans le metro, notons que pour le mec, c’est gagné, il les a bien toutes les deux sous la main.
Alors je voudrais savoir deux trois choses :
Pourquoi la femme n’a le droit qu’à des bagues ?
Pourquoi le gars a le droit à deux gonzesses lui ?
Pourquoi c’est pas une fille avec trois mecs d’abord ?
Pourquoi il a choisi une rousse et une blonde ?
Pourquoi ce con au restaurant ne lui offre qu’une seule bague (et fait passer la fille pour une greluche alors que, dans le concept, elle a tout à fait raison) ?
Pourquoi la fille de la pub télé repart sans rien ?
Pourquoi le mec dans le metro repart avec tout ?
Pourquoi voir un mec marié avec deux donzelles ce n'est pas considéré comme choquant pour les enfants?
Pourquoi ces rebels anti-pubs ne font pas vraiment leur boulo pour une fois ?
Pourquoi l’humour d’ (il est fou) Afflelou ne me fait pas rire du tout ?

23:05 Publié dans PFFFFF… | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note