27.03.2006

Ma virginité

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J’étais censée ne pas faire l’amour avant le mariage (éducation catho oblige). Je devais rester "pure" pour le futur garçon qui m’épouserait.

Entre ce que me disaient mes parents, ma famille ou ma prof de caté et la réalité de la vie et des hommes il y avait une sacré marge.
Déjà les trois quarts des garçons que je connaissais avaient déjà eu des relations intimes. Donc, mathématiquement parlant, je m’étais dit que ça n’allait pas être facile de trouver l’homme que j’aime, l’homme qui m’aime, avec qui j’allais me marier et qui serait vierge comme moi.
Ensuite très peu de garçons, soyons clairs, voulaient se marier (surtout à 15 ans autant qu’à 17, 20 ou 23 ans d’ailleurs). Ce qui rapetissait encore plus le nombre de prétendants.

Cela a été un véritable dilemme. Pour mes parents, j’avais envie d’être une gentille fille, mais quand même j’allais pas raté ma vie pour leur faire plaisir. Seules alternatives : soit j’attendais patiemment le prince charmant pour une durée indéterminée (voire jusqu’à la ménopause), soit j’acceptais un second choix, c’est-à-dire un mec ayant déjà servi, voulant se caser et voulant bien attendre de me passer la bague au doigt et de danser comme un con avec mes parents après la cérémonie avant de passer (enfin) aux choses sérieuses…

Je me souviens de la pression sur mes petites épaules d’adolescente de 15 ans, des hormones en ébullition 24h sur 24 à côté des sermons sur la pureté de mon hymen. En revanche je n’ai jamais entendu parler de la pureté d’un pénis, ou en tout cas la pression masculine était bien moindre.

La pire pression était que ma virginité était tellement sacrée que je devais craindre (à tous les coins de rue) qu’on ne me la vole. Parce que si je faisais ça avec n’importe qui ce serait trop tard, je ne serais plus pareille.

Très vite ça m’a gavée… J’ai attendu jusqu’à 17 ans, avec ma main droite (et gauche d’ailleurs) à fantasmer sur le prince charmant, j’avais repéré un beau gars qui me faisait la cour quand j’étais à l’internat. J’avais plusieurs cibles en cours et j’ai dû procéder à une sélection. C’est tombé sur Paulin. Je lui ai donné rendez-vous ce jour-là dans ma chambre vers minuit. Nous sommes partis ensuite dans une pièce isolée, on a fait l’amour une fois sur le sol. Et puis une deuxième fois dans les escaliers, j’étais assise sur lui. Je faisais la fille qui avait l’habitude parce qu’il ne savait pas que c’était la première fois pour moi (enfin la deuxième du coup). Et j’ai dû être plutôt convaincante puisqu’il m’a demandé de penser à prendre la pilule pour la prochaine fois. Mais pas parce qu’il commençait à m’aimer, mais parce qu’il n’aimait pas mettre de préservatif. Je ne l’ai plus jamais revu. En plus j’ai appris quelques jours après qu’il sortait depuis longtemps avec une copine d’une voisine.

Et moi, j’étais satisfaite, j’étais enfin débarrassée de ce sacro-saint hymen. Personne ne me l’avait volé, c’est moi qui en avais fait cadeau à celui que j’avais choisi (même s’il n’en était pas conscient) et que j’avais aimé pour quelques heures.

Ensuite, j’ai pu être amoureuse et romantique… En toute lucidité.

22.03.2006

Les surprises de mon amoureux quand il est absent

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14.03.2006

Vacances pleines de mauvaises idées

Cela a commencé vendredi il y a deux semaines, mon amoureux a eu la brillante idée de passer la nuit chez sa nouvelle maîtresse et donc m’a seulement téléphoné le matin pour me lancer un joyeux anniversaire. Je lui ai raccroché au nez. Je ne l’empêchais pas de la tirer, seulement de rentrer et au moins prendre le petit-dej avec moi puisqu’on passait notre semaine de vacances en famille (donc sans aucune intimité). De plus ce con m’offre le soir (dans la voiture) une bouilloire pour mon anniversaire… une bouilloire ! Certe très jolie (la suite du set Jasper Morrison), mais cet achat était prévu dans notre budget cuisine et pas pour faire un cadeau d’anniversaire…
Résultat : dispute carabinée (dispute de l’année même) dans la voiture le soir pour rejoindre ses parents. Je suis hors de moi, je souligne (qu’il est un gros con et un gamin) son ingratitude par rapport à notre situation. Je lui donne une main, il me prend le bras… et en veux encore plus. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Bref, je veux passer de bonnes vacances : on négocie, on trouve des compromis, et je vais avoir un nouveau cadeau (je ne suis pas rancunière). On efface l’ardoise et on part faire du ski.

C’était l’idée de mes beaux-parents de partir un samedi, comme c’était la fin des vacances scolaires en France. Mauvaise idée. D’abord nous avons eu la neige et pas un peu. Donc des ralentissements vers Bourg-en-bresse. Ensuite toutes les vacances européennes : 38 kms de bouchons entre Albertville et Bourg-saint-maurice. Et encore on a eu plus de chance que ceux qui allaient aux Arcs (ils ont dû dormir dans les salles de sports et des trains). Donc nous, nous avons pu monter vers la station autour de 21h30.

Je sentais bien que mon beau-père, qui conduisait, avait du mal avec la neige, et en plus il ne voulait pas s’arrêter pour mettre les chaînes. Résultat : la voiture patine à 500 mètres de la station et s’arrête. Silence total. De la neige partout. Des lumières au loin au bout de la route. Nuit noire. Personne ne dit un mot dans la voiture. Soudain, des phares nous éclairent par derrière. On se retourne et on voit un couple de notre âge qui glisse perpendiculaire à la route et patine à leur tour. Et puis jamais deux sans trois… je passe les détails. Mon beau-père sort de la voiture avec mon amoureux pour mettre les chaînes… Mauvaise idée. Il ne sait pas comment les mettre, les femmes ne peuvent absolument pas envisager de s’en mêler de toute façon (ok on te regarde) et elles datent (les chaînes) du début de la formation des Hautes-Alpes… Ma belle-mère et moi sommes obligées de faire les potiches et au final nous partons à pied vers la station avec un mec mignon resté coincé lui aussi et avec qui on fait la conversation.

Le lendemain après-midi, on va avec mon amoureux faire quelques descentes histoire de s’échauffer un peu pour la semaine. On n'y voit rien du tout , il faut chercher où sont les pistes. Résultat : on se plante tous les deux, chacun à la suite de l’autre, dans un mètre cinquante au moins de poudreuse la tête la première. Et ça a été comme ça pendant presque toute la durée des vacances. Les phrases de la semaine de tous les skieurs de la station: "Mais où est la piste ??", "T’es où j’te vois plus !", "J’en ai marre, on va faire une belotte… oh oui bonne idée…".

La neige continue de tomber inlassablement, on ne voit plus la voiture. Il va falloir utiliser une pelle… Mon beau-père décide d’en trouver une. Il croise papy, l’ancien gardien du chalet, avec une pelle et l’apostrophe honteusement en le traitant de voleur. Il est évident que ce n’est pas du tout la même pelle que celle de la copropriété… Mais ça ne l’arrête pas. À plus de 65 ans, il cherche encore la bagarre (avec papy bien plus âgé que lui évidemment). Ma belle-mère lui fait remarquer qu’une psychanalyse lui ferait peut-être du bien. En attendant, papy ne nous adresse plus la parole.

La fin de la semaine est assez tendue. Et tout le monde est content de rentrer chez soi. On reprend donc la route samedi matin. Bien entendu on y voit autant que sur les pistes. On fait du 20 à l’heure. Il veut (toujours mon beau-père) absolument conduire même s’il stress tout le monde. Résultat : une heure pour faire 16 kms… Même moi qui ai peur sur les routes de montagne j’avais envie de prendre le volant et d’appuyer sur ce fichu accélérateur (et je n’ai pas mon permis). On s’arrête en bas de la montagne : il faut enlever les chaînes… Au bout d’un quard’heure ma belle-mère sort de la voiture, un peu excédée, je la suis (en prime j’ai trop désespérément envie de faire pipi). Ils sont en train de mettre le krique une fois de plus parce qu’ils ne parviennent pas, cette fois-ci, à enlever la chaîne. C’est une blague… Je m’accroupis devant l’autre roue, regarde comment est mise cette putain de chaîne, enlève les deux attaches, et la chaîne glisse. Je reste dubitative quelques secondes parce que je n’ai pas l’impression d’avoir fait un exploit, ma belle-mère me regarde tout pareil. Mon amoureux fait le tour de la voiture pour venir enlever la chaîne pendant que son père enlève toujours l’autre avec le krique et me demande, avec sa tête d’ahuri, comment j’ai fait pour l’enlever. Je le fusille du regard. On reprend enfin la route. Je monte derrière parce que c’est mon amoureux qui conduit cette fois, et mon beau-père qui lit le plan. Mauvaise idée… À Chambéry je leur dis de prendre la N504 vers le lac du Bourget pour éviter les bouchons vers Lyon et ils prennent l’autoroute direction Lyon, évidemment. Résultat : 2 heures de bouchons.

Le lendemain matin 10h et quart mon beau-père réveille tout le monde. Il veut absolument aller chez une voisine pour que mon amoureux lui répare un cadre. Je précise qu’on est dimanche ce jour-là. On reste toutes les deux, avec ma belle-mère, éternellement dubitatives. Elle éclate. Première fois (en près de 10 ans) que je la vois comme ça. Elle me dit qu’elle va partir et que c’est pas à 63 ans qu’on va la faire chier comme ça. On a fait un point toutes les deux sur cette semaine de vacances… Résultat : On a fini par rigoler (un peu jaune quand même) comme des folles et on s’est quittée le cœur un peu plus léger, chacune avec son homme-omlette.

13.03.2006

Le retour…

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03.03.2006

CHARLOTTE FAIT DU SKI

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La semaine prochaine, si par hasard vous passez par la Rosière, que vous apercevez une nana en combinaison de ski (tout droit sorti des années 70) sur des snowblades blancs d’un "pas" (glissant) mal assuré et des grosses lunettes blanches assorties aux skis… Ce sera moi (pas de doute là-dessus).

Je serai en famille (+ le chat… Quoi, je ne vous ai jamais parlé de mon chat ??) dans un chalet à 1900 m, sans téléphone ni Internet. Et donc sans possibilité de visiter la blogosphère pendant une semaine. L’avantage c’est que je serai moins triste quand il faudra rentrer de vacances, sachant que j’aurai hâte de vous lire en rentrant. C’est bien les blogs quand même…

Je serai de retour le 13 mars… Aller, Ciao tutti !

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Ah oui, j’oubliais ça… Alors le premier (ou la première d’ailleurs) qui a pensé que je faisais plus de 65 kilos… Bref, je passe. Disons qu’à un jour près j’étais sélectionnée…
J’ai 31 ans aujourd’hui, soyez indulgents, merci.

29.01.2006

Anorexie qui conduit à la boulimie qui conduit à l’obésité qui conduit au suicide qui conduit à la m…

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Mes désordres alimentaires ont commencé vers 14/15 ans. Jusqu’au moment où j’ai quitté mes parents pour mon studio d’étudiant vers 17 ans, et où mon anorexie s’est réellement déclarée. Je quittais mes parents dans une ambiance très lourde (c’est le cas de le dire), mais en même temps j’avais encore et énormément besoin d’eux. La communication entre nous étant devenue impossible, et ne s’étant même jamais faite, j’ai inconsciemment tout prit sur moi.

Cela a duré plusieurs mois, j’ai diminué et diminué encore mes repas sur la journée, pour aller jusqu’à une seule boîte d’ananas par jour. Pourquoi de l’ananas ? Simplement parce que j’avais lu dans un livre de diététique que l’ananas "mangeait" les graisses. Sauf que je ne savais pas que ce fruit bouffait aussi l’estomac au passage…
J’étais dans un état second, mais je me sentais forte et maîtresse du monde, je contrôlais tout, ou bien mieux que les autres (et surtout bien mieux que ma mère).
Un jour, je suis partie seule à un festival de cinéma de nuit. Mes 5 tranches d’ananas dans le ventre (j’avais attendu la fin de la journée pour les manger afin de tenir debout toute la nuit pour pouvoir regarder les 5 films). Au 3e film, je suis tombée dans les vapes…

Ma mère, qui n’était bien sur pas idiote, a bien remarqué que je maigrissais. J’étais arrogante en prime et montrait à ma mère mon hyper-intelligence pour la rabaisser (pardon maman). Je l’avais même surprise une fois discrètement au téléphone, elle disait à une amie que j’étais malade parce que j’avais un QI trop élevé… Elle avait vu ça dans une émission de télé qui parlait des anorexiques…
Donc ma mère, qui venait me voir tous les dimanches, n’est plus venue les mains vides. Elle arrivait avec un panier à linges en plastique plein à craquer de nourritures (et pas le plus petit panier). Il fallait que je mange !
Je suis devenue boulimique.

Les premières fois où j’ai vomi, c’était un peu malgré moi, comme je ne mangeais plus rien, c’est mon estomac qui ne supportait plus toute cette bouffe d’un coup. Et puis après j’ai trouvé ça bien pratique. D’abord j’obéissais avec discipline à ma mère et mangeais gentiment ce qu’elle m’apportait, et après je reprenais le contrôle de ma vie en vomissant tout.
Résultat, au départ je répartissais la bouffe pour la semaine, et au bout de quelque temps je mangeais tout le même jour. Ce qui me faisait près de 5 à 6 repas sur la fin de journée (elle venait me voir vers 15h). Et donc 5 à 6 vomissements qui suivaient les repas.
Vers minuit je tombais éreintée dans mon lit. Et le lendemain matin, pour aller aux cours, je pensais déjà à ce que j’allais manger à la fin de la journée (Je ne mangeais pas pour aller en cours parce que je ne voulais pas vomir à l’école, pas assez discret).

Quand je sortais des cours je me précipitais vers le supermarché pour aller chercher ma drogue. J’étais toujours dans un état second dans le magasin, en manque, au point de ne pas me rappeler ce qu’on me disait quand je croisais une copine là-bas. Tout ce que je voulais c’était rentrer chez moi et manger… me remplir. Je ne voulais communiquer avec personne.
Et le calvaire recommençait : manger, vomir, remanger, revomir, encore manger, encore vomir… jusqu’au moment où je n’avais plus rien dans le frigo et les armoires (et la poubelle).

Et puis je suis tombée amoureuse de Fred. Nous sommes restés ensemble pendant un an. On baisait parfois jusqu’à 7 ou 8 fois par jour. C’est ce qui m’a sauvé. J’ai compensé mon manque affectif maternel par le sexe, je me remplissais d’amour autrement…

Je ne me suis jamais arrêtée de vomir pour autant, mais je ne suis plus jamais retombée dans l’excès que j’avais vécu avant Fred (enfin je ne vomissais plus qu’une à deux fois par jour).

Mon anorexie/boulimie a duré près de 10 ans. Résultat, j’ai atrophié mon estomac et j’ai un ulcère (ananas je vous conchie) qui m’empêche de manger des tomates, et des trucs acides ou difficiles à digérer, et dois boire un verre de St-Yorre après chacun de mes repas pour aider mon estomac à digérer correctement. J’ai dû accepter de vivre avec quelques kilos en trop (ce qui arrive souvent aux anorexiques qui s’en sortent, celles qui me liront comprendront cette victoire).
Mais j’ai la chance d’avoir encore toutes mes dents et de toujours pouvoir faire des enfants…

Je vomis 2 à 3 fois sur un an au jour d’aujourd’hui, et cela fait 4 mois que je n’ai plus vomis. Je n’ai vu aucun psychologue et n’ai même jamais participé à des réunions, merci l’amour donc, merci Fred et surtout merci mon z’amour de maintenant. Et merci pour finir à ma maman d’avoir apprit à 50 ans à me dire je t’aime…

05.01.2006

Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ?

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En ce début d’année, je ne peux que faire un énième bilan sur ma vie professionnelle plutôt éclectique et chaotique. Il y a des gens qui savent très jeunes ce qu’ils veulent faire de leur vie, qui ont cette certitude. Pas moi. Jamais je ne me suis dit un jour : ça y est, je sais, c’est ça que je veux faire!
Jamais…

J’ai bien eu quelques idées mais jamais une certitude si forte pour me motiver à ne penser qu’à cette seule réussite professionnelle. La seule fois où j’ai eu un petit frisson, j’avais 6 ans, pas plus. Je devais chanter Au pays de Candy à la salle des fêtes pour le spectacle de fin d’année de l’école. Rien de très exceptionnel, mais lorsque je suis monté sur la scène, que je me suis avancée vers le micro, sentant les lattes de bois de la scène craquer sous mes pieds et que j’ai commencé à chanter, je savais que j’aimais ça. C’est un souvenir dont je me rappelle très bien toutes les sensations, les détails. C’est aussi un souvenir pénible car après avoir chanté, j’ai voulu remonter sur scène pour l’autre spectacle où cette fois-ci il fallait danser (j’avais bien évidemment répété cette danse avec la maîtresse) mais on m’a dit que j’avais choisi de chanter ma chanson et que maintenant je ne pouvais plus danser. Personne n’avait prévenu qu’on ne pouvait pas faire les deux. Je n’avais donc pas eu le choix. Je me souviens avoir pleuré et avoir retenu ma mère qui faisait un scandale parce qu’on ne l’avait pas mise au courant elle aussi.

À 12 ans, au collège, le prof de math a fait un sondage sur ses élèves afin de réaliser où en été le niveau de chacun. Il fallait noter sur un petit papier le métier pour lequel on se destinait. Puis il a fait le tour de chaque élève pour étudier chaque cas à la fois. Quand ce fut mon tour, il m’a regardé : « Vétérinaire, hein… eh bien Mademoiselle C. avec les notes que vous avez en math, il me semble que ce sera difficile, voire impossible ». Pas que je n’étais pas une battante, mais mon éducation était si pesante à l’époque que je m’étais dit que si c’était un adulte qui affirmait cela c’est qu’il avait forcément raison. Sans compter d’autres facteurs aggravant la situation qui seraient trop longs à expliquer ici.

Je me suis donc résignée dans une profonde sagesse, non je ne serai pas vétérinaire car c’est vrai que je suis trop mauvaise en math, je choisirai donc un métier pour les nuls comme moi et où il n’y aura surtout pas de mathématiques :
Actrice !

Lorsque fut le moment du changement d’orientation au lycée ce fut une autre histoire, on ne m’a pas vraiment laissé choisir encore une fois. Et docile je me suis laissée portée par les événements. J’ai fait une école de photo et de cinéma, c’était, au final, un bon compromis. Et puis, quelques années après, je suis entrée dans plusieurs compagnies de théâtres, de théâtre de marionnettes, d’impro, etc… J’ai joué pendant 6 ans, en parallèle avec mes études. J’ai donc réalisé ma modeste ambition en quelque sorte. Malheureusement en arrivant à Paris je me suis rapidement heurtée à des murs, à mon âge et à des soucis financiers qui ont fait le choix à ma place. J’avoue que tout était plus simple en Belgique, surtout pour trouver du travail.

En tant qu’étudiante et après, j’ai été à la fois, femme de ménage, serveuse dans plusieurs restaurants, projectionniste dans un cinéma d’art et d’essai, boulangère, vendeuse dans une bijouterie métal-pointu, démonstratrice Tupperware, petit cochon de fourrure pour accompagner le Père Noël, Saint-Nicolas ou les œufs de pâques (si, si), concierge à Montmartre, manutentionnaire dans une usine de pain industriel et une entreprise de médicaments, intermittent du spectacle, modèle nue dans une académie des beaux-arts, assistante dans une galerie rue Louise Weiss, fonctionnaire dans un musée de la ville de Paris. Bien évidemment ne sont cités que les jobs où je suis restée plusieurs mois voire plusieurs années (et pour lesquels j’ai été payée).

Résultat, je n’ai jamais pu faire un choix définitif. Je crois que si j’avais eu la certitude d’avoir plusieurs vies, cela aurait été moins compliqué. Maintenant, au bout de quelques mois sur un nouveau job, je me mets à fantasmer facilement sur un autre. Avant, ça me déprimait, le fait de ne pas trouver ma voie, de ne pas me fixer quelque part, de devoir tout réapprendre et de m’adapter à chaque nouveau poste. Maintenant penser que je pourrai garder le même job m’angoisse.

Peut être que trouver sa voie c’est comme trouver l’amour, dès les premiers instants on sait que c’est bon, on sait que l’aventure commence. Mais peut être aussi qu’on ne peut pas tout avoir dans la vie… euh… non, je préfère penser que je vais l’avoir ce putain de coup de foudre pour le job de ma vie. Bon là-dessus je vais aller m’inscrire pour passer mon permis moi… ça m’inspirera sûrement.

Au fait, sur la photo, je suis celle qui n'a pas de chapeau (oublié dans les loges)…

27.12.2005

Le père noël est une ordure

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Ma grand-mère est née dans le nord de la France en 1930. Elle n’a jamais quitté sa région. Elle vit dans sa grande maison, seule depuis que mon grand-père est mort il y a presque 10 ans maintenant. Elle passe ses journées comme bénévole à Saint-Vincent de Paul et marche (accessoirement) entre 6 et 10 Kms par jour.

J’aime bien quand elle raconte ses histoires, chose qu’elle ne fait pas souvent (parce qu’on ne se voit pas souvent). Comme cette histoire où, pendant la deuxième guerre mondiale, elle bravait les bombardements avec sa sœur pour aller chercher du lait pour son petit frère bébé qui n’avait rien à manger. Elles couraient vers les vaches et se cachaient en dessous pour voler le lait. Son frère est devenu mon parrain. Et il n’adresse plus la parole à aucun membre de notre famille depuis près de 25 ans.

J’ai passé le week-end dernier avec elle, mes beaux-parents l’ont gentiment invité chez eux pour les fêtes. On a passé les classiques coups de téléphone, ma cousine, mon cousin, chez mes parents où mes deux sœurs étaient réunies là-bas. Même avec les désaccords, tout le monde est content de se parler. Excepté avec ma marraine, la deuxième fille de ma grand-mère qui a pété un plomb. C’est la seule à vivre tout à côté et la seule à ne pas aller voir sa mère. Problèmatique des relations mère-fille.

Ma marraine a perdu tout sens de l’humour. Et a perdu, je crois, tout sens de la réalité. Après avoir raté un premier mariage, elle a dû penser qu’elle avait raté du coup ses deux premiers enfants. Quelques années après elle rencontrait un type peu recommandable. Qui se foutait de ses gosses, qui voulait la baiser à tout moment de la journée, et qui tentait d’attirer l’attention des autres filles de la famille en passant. Mais elle en était aveuglément bleue. Il lui a fait un gosse et s’est barré quelque temps après. Elle est devenue anorexique (c’est de famille), a fusionné avec sa fille (qui dort encore avec sa tétine à 13 ans) et a foutu dehors ses deux premiers enfants qui, eux, sont devenus obèses. À priori, elle s’est dit que c’était de la faute de ses enfants, et puis celle de ma grand-mère et puis celle des autres sûrement…

Résultat, ma cousine pèse plus de 100 kilos, cherche difficilement du boulo, et passe ses journées à tricoter parce qu’elle n’ose pas sortir. Mon cousin lui a mieux passé le cap, il a maigri, et est saisonnier toute l’année. Il vit avec son chien dans un mobile home et il commence à voir la vie en rose, enfin en vert bio plutôt.

Bref, je ne suis pas mécontente que Noël soit terminé et remercie au passage Jen car son souhait a été exaucé, et mon amoureux pour mon nouvel ipod vidéo.

29.11.2005

Séduction

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J’ai rarement utilisé mes jambes, un décolleté plongeant, des petites chaussures à talon, de belles robes moulantes. Ni même de porte-jarretelles, maquillage ou autre épilation intégrale.
L’idée d’utiliser tout un artifice incroyable, de passer trois heures dans la salle de bain devant un miroir me gonflait. En fait ce qui me dérangeait le plus c’était de ne plus être moi. De ne plus me reconnaître.

La faute à ma marraine, qui avait crû bien faire en me maquillant un jour. J’avais 14 ou 15 ans. J’étais encore un bébé, je ne voulais pas grandir et jouer le jeu de cette séduction pour adulte. Je l’ai laissé faire. Quand je me suis regardé dans le miroir, j’ai eu un choc. Je ne sais pas ce qu’un psy en dirait, mais j’ai vu quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’était pas moi et j’ai trouvé cette sensation très désagréable. Je ne me suis pratiquement plus mis du rouge à lèvre par la suite. Exceptionnellement du gloss pour faire briller un peu mais en gardant la teinte de mes lèvres. Parfois du noir sur les paupières…

Avant la folie du grunge et de Nirvana, j’écoutais du hard rock à longueur de journée et je traînais avec des "hardeurs", comme on les appelait (rien à voir avec les acteurs de porno maintenant). Ce qui n’était pas très féminin. Mais pour draguer un "hardeur" il ne fallait pas porter de jupe, en revanche il fallait savoir jouer le "nothing else matter" parfaitement à la guitare… Et je m’en sortais mieux avec une guitare qu’avec du fond de teint …

Au début de mes études supérieures, nous n’étions qu’entre filles, toutes passionnées par le vintage. J’écoutais de l’acid-jazz et remettais les gazelles addidas avec des T-shirts taille enfant des années 70. Et draguais les mecs avec le cinéma expressionniste allemand, Tom Waits et Bob Wilson, Beck ou encore la théorie de la relativité avec Pollock et l’expressionnisme abstrait… Ça marchait du tonnerre. Et c’était plus subtil pour atteindre mon but. Et c’était aussi une manière de voir si le mec était intéressant ou non. Je ne couchais pas avec un type qui ne connaissait pas Tom Waits par exemple (désolé pour ceux qui ne le connaissent toujours pas). C’était ma sélection on va dire parce que physiquement, j’étais attirée par tout, maigre ou gros, petit ou grand du moment que l’alchimie se faisait entre lui et moi.

Dans l’intimité, j’aimais me déshabiller, exhiber ma culotte petit bateau (que tout le monde adorait à l’unanimité). Je n’ai d’ailleurs pratiquement jamais porté de string (je trouve ça trop kitsch). C’était mon côté femme-enfant. Maintenant je suis autant attirée par Calvin Klein ou Chantal Thomas mais je garde toujours avec nostalgie mes culottes en coton.
J’avais une autre sélection aussi pour les dessous masculins : jamais de slips. Trop moulant, trop gay, la petite tache significative trop visible du coup et un inceste paternel trop présent. Le slip était (et est encore) mon anti-sex. Les caleçons, en revanche, soulignent bien le corps masculin, on peut y glisser la main discrètement et la bête peut se dresser avec plus de finesse (et en plus on ne remarque plus la tache rebelle !). Mais ce n’est que mon avis…

Autre rituel de séduction que j’ai toujours détesté, mais qui ne pouvait malheureusement pas être évité, l’épilation… Ma hantise. Je ne me suis pratiquement jamais rasée. Je préférais aller chez l’esthéticienne et avoir mal pendant une heure mais être tranquille pendant un mois. Je me foutais un peu de voir de légers poils sur les jambes du moment qu’elles étaient douces. Avec le rasoir ce n’était pas le cas. Et puis j’ai remarqué très vite que les mecs, eux, s’en foutaient complètement. Que ce soit parfait ou non, ils me trouvaient toujours belle (aucun ne m’a jamais obligé à changer quoi que ce soit de toute façon).

Encore maintenant, mon amoureux n’y fait pas plus attention. Il y a deux ans, j’ai tenté l’intégrale (pour les mecs : c’est-à-dire plus de poils du tout à l’endroit stratégique) pour le surprendre (ben, de mon temps, peu de filles le faisaient…). On s’est bien amusé la première semaine, comme si on avait un nouveau jouet, et puis après… Ce qui est excitant en fait dans un couple, c’est le changement. Avoir toujours le sexe épilé c’est lassant… et vice-versa.

Bref.

Quand j’ai enfin compris que le plus grand outil de séduction, pour une femme, était sa confiance en elle…

04.09.2005

Bon je sais, j’abuse un peu…

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Ce n’est pas la meilleure idée du monde que de s’inscrire sur un site de rencontre coquine et plutôt accès sur les plans culs. Étrange ce terme de "plan cul". Un plan cul c’est quoi exactement ? C’est baiser je suppose. Mais baiser comment exactement ?

Sur le site les mecs s’exhibent sans complexe, à poils, la queue bien droite, pensant que les filles vont en mouiller leur petite culotte pendant trois jours et qu’elles ne résisteront pas à vouloir la mettre en bouche ou s’empaler dessus.
Peut-être faudrait-il leur expliquer que leur démarche, cent pour cent gay, ne risque pas d’émoustiller autant les jeunes filles ou les moins jeunes d’ailleurs.
Leur expliquer qu’une fille ne regarde pas les hommes comme un homme va regarder les filles (en général). Si un homme peut se toucher devant de jolies jambes et des fortes poitrines, une femme ne se touchera pas en achetant un magasine d’homme à poils (magasine gay bien sur puisqu’il n’en existe pas de semblable pour la gent féminine, forcément).

Cela prouve surtout l’ignorance des mecs sur le plaisir des femmes. Et un profond égo-centré. Décevant… Cela ne donne plus envie de s’amuser.
On en regretterait presque le temps ou les femmes se faisaient longuement courtiser même enfermées dans leur convenance et leur corset trop serré. Les mecs pourraient faire un minimum d’effort intellectuel pour parvenir à leur fin (faim ?), ce serait la moindre des choses. Parce que finalement à voir comment c’est tellement bâclé on ne se demanderait pas parfois si ça ne serait pas plus judicieux de se faire carrément payé…

L’effort de l’orthographe déjà… Excepté les fautes de frappe ou les "passables", le langage SMS ou les fautes pas corrigées prouve l’éjaculation précoce du type en question. Exemple pour vous faire rire :

"JE VIENS TRES SOUVENT DANS TA REGION j'avoue que vous me semblez tres tres jolie et pleines de charmes, je ne sais ce que vous recherchez exactement, mais tout comme vous je suis un h tres charnel et sensuel, tres calin, doux et tendre, mais egalement tres coquin,tres sexe tres expirimenté, avec ma bouche ma langue mes mains et surtout mon beau sexe, je suis tres endurant, je pense pouvoir te faire réaliser tes fantasmes si tu as envie de hurler de plaisr a en perdre la tete nous devons nous voir, si tu aimes etre prise longuement dans toutes les positions et vivre de veriatbles chevauchées tres tres sexe repond moi tout ceci avec respect mais je peux aussi te recevoir dans mon chalet et te faire vivre des heures inoubliables"

Pire, ceux qui ont un égo-pénis surdéveloppé (surdimensionné même), qui misent tout sur un seul et même organe (mais que font-ils avec leur main au juste ? leur bouche ? Est-ce que le reste est en bon état de marche ??). Et bien évidemment photo à l’appui (mais je m’abstiendrai pour les images). Exemples (j’ai laissé les fautes bien sûr) :

"slt ci ta ptite chatte a trs chod en ce moment.. alors prend cette direction c tou droit"

"1m77 76KG BRUN YX VERTS NI DEGARNI NIBARBU
BELLE QUEUE GROSSES BOURSES
EPAULES CARREES CUISSES MUSCLEES POITRINE POILUE
BELLES FESSES
DISPO NOW ETTOI? KISS"

"Je t imagine tré bien à quattre patte, le dos parfaitement cambré, les fesses bien ouvertes....je gliserrai ma langue dans ta fente tout au fond, pour bien gouter à ta mouille, puis je remonterai"

"Un bite de 20cm et 6depaisseur, ca te di ?"

J’avoue que pour le dernier je n’ai pas résisté à trouver un mètre pour avoir une idée plus … précise.

Quand ensuite on accepte un chat en compagnie du mâle (appris) on tombe tout de suite sous le charme entre les questions universelles : Qu'aimes-tu sexuellement ?
Tu es soumise ou dominatrice ? qu'est ce qui t'excite ? tu peux décrire ton corps ?
Tu as eu combien d'amants dans ta vie ? tu aimes la sodomie ? T’es épilée ? Ta position préférée ? Tu as envie de vidanger mes burnes ?

Très vite tout est dit, plus de mystère, plus de doute, on sait exactement à quoi s’attendre. Ce qui est problématique pour une idéaliste comme moi. La séduction étant la partie que je préfère…
Ils savent tout faire, te posent la question pour savoir jusqu’où ils pourraient éventuellement se lâcher, mais ne se préoccupent pas vraiment de ta réponse puisqu’ils enchaînent directement sur ce qu’ils veulent eux. Et la plupart du temps ils te font le remake du dernier film de cul qu’ils ont visionné samedi dernier. Et c’est reparti… pipe – cuni – missionnaire – levrette – sodomie – éjac sur la figure… (ça me rappelle vaguement quelque chose…). En plus "les filles adorent ça il paraît"… (Je me demande où ils ont été chercher tout ça…).
Et l’on dit que les filles ont trop d’imagination… Les mecs, en tout cas, en ont, eux, quand il est question de se soulager gratuitement et facilement.

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